13 janvier 2019

Le goût sucré des souvenirs - Beate Teresa Hanika

Auteur : Beate Teresa Hanika
Éditeur : Éditions Les Escales
Genre : Littérature allemande
Parution : 15 Février 2018   -   262 pages


Ma note :

Vienne, de nos jours.
Elisabetta Shapiro a 80 ans. Elle vit seule dans la maison familiale et veille précieusement sur ses pots de confitures, en partie confectionnés avec sa mère dans les années 1940. Elle prend encore plaisir à en préparer avec les abricots du jardin, dont l'arbre a été planté par son père. Chaque pot ouvert, chaque étiquette déchiffrée, chaque odeur diffusée, fait ressurgir de vieux souvenirs. Elle replonge dans le passé, au temps de sa jeunesse lorsque la guerre éclate en Europe.  

Dans sa grande maison, la vieille femme héberge aujourd'hui une jeune allemande, danseuse au ballet viennois. Une amitié va naître entre les deux femmes.


Mon ressenti :

L'histoire est racontée au travers des fragments de souvenirs d'une jeunesse meurtrie par la guerre et la déportation, d'une vie hantée par les fantômes du passé.
En 1944, Vienne est sous le contrôle nazi. La famille d'Elisabetta est juive. Des déportations s'opèrent mais ses parents sont confiants. Ils font partis d'un milieu bourgeois et vivent dans un quartier aisé de la ville. Son père est médecin à l'hôpital. On a besoin de lui. Pourquoi viendrait-on les déporter ? Pourtant c'est bien ce qui va se passer. Un jour où sa mère et ses sœurs, Rahel et Judith, sont seules à la maison, les soldats arrivent et les emmènent. Elisabetta réussit à se cacher en assistant à la scène, terrifiée. Elle apprendra plus tard leur déportation à Auschwitz. Elle ne reverra plus jamais sa famille.
"...la porte était grande ouverte et, depuis le vestibule, je voyais jusque dans le salon.  J'ai aperçu un large dos en uniforme et ma mère avec mes sœurs.  Elles étaient assises côte à côte... En me découvrant dans l'encadrement de la porte, ma mère a insensiblement tressailli...Cours, me disaient ses yeux.  Cours.  Va-t'en...Je ne pouvais pas bouger,  pas respirer, pas prendre de décision.  Le spectacle que j'avais sous les yeux était comme une nature morte encadrée par le chambranle de la porte de notre salon. Le tapis rouge sur lequel l'homme se tenait avait pris une teinte criarde. C'était une image terriblement définitive.  Une photographie que rien ne viendrait jamais effacer. Quel que soit le nombre de nuits écoulées, le temps passé à travers mon corps, l'image serait toujours là. Irrévocable et à portée de main. "
Aujourd'hui, Elisabetta parle quotidiennement avec Judith et Rahel, notamment sous l'abricotier du jardin. Mais, elles ne sont pas là. Seuls restent les souvenirs.

D'un autre côté, nous faisons connaissance avec Pola qui vit au premier étage de la maison. Elle passe ses journées à danser mais ne le fait pas avec passion. C'est un personnage aussi torturé par la vie. Poussée par ses parents, elle est devenu danseuse mais au fond, elle aspire à autre chose. Une confiance s'installe avec sa logeuse. Des confidences se font. Des liens se tissent.

Le texte est empreint de douceur et de poésie. Des scènes sont touchantes et expriment la solitude et la tristesse des survivants de la guerre. Je revois celle où Elisabetta tend un fruit à Rahel dans le jardin, Rahel le prend mais brusquement le fruit tombe à terre. Rahel n'est pas là pourtant elle vit dans l'esprit de sa jeune sœur. Le manque et la solitude sont tellement réels qu'on le ressent presque.
Malgré tout, la magie n'a pas opéré. J'ai eu du mal à accrocher à l'histoire. Les souvenirs sont trop dispersés, les chapitres ne se suivent pas. Le mélange des deux époques ont semé trop de confusion dans mon esprit. J'ai également eu des difficultés à cibler les personnages secondaires ce qui m'a empêché de totalement m'imprégner de l'histoire.

L'auteur :

Beate Teresa Hanika est une romancière allemande née en 1976. Elle travaille d'abord comme modèle,  puis en qualité de photographe avant de se tourner vers l'écriture. Elle a écrit plusieurs romans jeunesse dont "Le cri du Petit Chaperon rouge" (2011) qui reçoit le prix du Livre Jeunesse en Bavière.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire